A la découverte de la salle Labrouste de la Bibliothèque Richelieu

De toutes les bibliothèques parisiennes, la salle Labrouste de la bibliothèque Richelieu, appartenant à l’Institut National d’Histoire de l’Art (et non à la BNF, comme nous sommes nombreux à le penser) est sans conteste l’une des plus belles.
Cette salle est à couper le souffle par ses proportions et ses décorations. Réservée aux chercheurs et étudiants en M2 d’Histoire de l’Art, elle est difficilement accessible dans l’année (à l’exception de visites guidées). C’est parti pour une visite à travers son histoire !

© La Tête en l’Air

550 000 livres imprimés, 7 000 titres de périodiques, 12 000 thèses, 16 000 ouvrages anciens, rares et précieux, 700 000 photographes, et 130 fonds d’archives accueillis sur plus de 4 500 m2. Ces chiffres donnent un peu le tournis, non ?

En 1851, Henri Labrouste inaugure la bibliothèque Sainte-Geneviève. Auréolé de cette réussite, on décide de faire appel à l’architecte pour mener à bien la transformation et l’agrandissement de la bibliothèque impériale de la rue de Richelieu.
Il doit alors s’adapter à des contraintes importantes : des bâtiments existants cernés par des rues étroites. La lumière, chère à Labrouste pour la lecture des ouvrages, doit donc être cherchée en hauteur.

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Il fait place nette dans le quartier et détruit 3 hôtels particuliers ainsi qu’une grande partie de l’hôtel de Nevers. Ces édifices, datant du XVIIème siècle, disparaissent au profit de la future bibliothèque.
Les plans du futur établissement se précisent : une grande salle de lecture, des magasins adjacents et 2 espaces complémentaires montrent la volonté de la recherche de fonctionnalité de la part de l’architecte pour ce site historique.


L’esthétique n’est pas en reste pour autant. Labrouste choisit d’utiliser le métal pour des raisons structurelles et ornementales et donne à ce matériau nouveau ses lettres de noblesse.

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La structure métallique de la salle Labrouste est totalement indépendante de la maçonnerie. L’architecte conçoit 16 colonnes de fonte, hautes de 10m, mais d’un diamètre de 30cm seulement. Celles-ci portent des arcs en fer, soutenant 9 coupoles, chacune percée d’un oculus et tapissée de faïence émaillée. Grâce à ce procédé, la lumière baigne dans cet espace dédié à la lecture et l’étude.

Avec ses 1155 m2, la salle peut accueillir 342 lecteurs assis et 70 debout.
Riches de ses enseignements, Labrouste fait de sa création une véritable mise en scène, mêlant style antique, références byzantines et décors baroques, alliés à la modernité des matériaux utilisés et aux innovations techniques.

Salle Labrouste, Bibliothèque Richelieu, 2 rue Vivienne, 75002 PARIS

Infos pratiques ici

Un grand merci à l’Institut National d’Histoire de l’Art pour cette visite à quelques jours des Journées Européennes du Patrimoine.

© La Tête en l’Air

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