A la découverte du passage de l’Ancre

A quelques pas du Musée des Arts et Métiers, on passerait presque à côté de ce petit passage insolite. Cette voie privée, bordée de multiples arbustes et fleurs, est protégée du calme malgré sa proximité avec les quartiers très animés de Beaubourg et Les Halles. D’où vient son nom ? Quelle sombre histoire est associé à ce passage coloré ? Quel savoir-faire y est encore travaillé ?

Les origines du passage

Le passage de l’Ancre est un des plus vieux passages de Paris puisqu’on retrouve sa trace dès le XVIIème siècle. Initialement passage du Puit, il prend son nom de l’Ancre Royale, référence à l’enseigne d’une auberge qui s’y installe.

Au milieu du XVIIème siècle, un facteur du nom de Nicolas Sauvage crée le concept de transport public : il propose des carrosses toujours attelés, à la disposition des piétons aisés. Ces fiacres sont remisés dans le passage. Malheureusement, l’idée est tellement bonne que l’Etat fait main basse sur le concept en créant un monopole des voitures de louage. L’ancêtre du taxi est né !

La rénovation du passage, en 1998, redonne vie à ce lieu plein de charme. La star du lieu est sans équivoque la boutique Pep’s, dernier réparateur de parapluie de Paris. Exerçant depuis 35 ans, la maison est répertoriée parmi les entreprises du patrimoine français.

© Mbzt / Wikipédia

Un lieu associé à la Rafle du Vel d’Hiv

Le passage de l’Ancre possède aussi une triste histoire, celle de la Rafle du Vel d’Hiv’.
Dans les années 1930, de nombreux artisans juifs travaillant dans la confection s’y installent pour exercer leur métier. Malheureusement, entre le 16 et le 17 juillet 1942, la rafle du Vel d’Hiv, considérée comme l’arrestation la plus massive de juifs réalisée en France pendant la Seconde Guerre Mondiale, passe par le passage.

La grande partie des habitants sont emmenés, faisant partie des 13 000 hommes, femmes et enfants emportés vers la mort. Le passage est alors laissé à l’abandon pendant de nombreuses décennies.

Le passage de l’Ancre
223, rue Saint-Martin ou 30 rue Turbigo, 3ème arrondissement
Métros Réaumur-Sébastopol ou Arts et Métiers

© La Tête en l’Air

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