Tout ce qu’il faut savoir sur l’histoire du Palais de la Porte Dorée

Difficile de ne pas remarquer l’imposant Palais de la Porte Dorée quand on part en balade au Bois de Vincennes. Pourtant excentré des lieux propices aux visites parisiennes, ce musée, qui possède un aquarium et organise des expositions passionnantes, mérite qu’on s’attarde sur son architecture plus composite qu’il n’y parait et sur son histoire aux contours très complexes.

L’Exposition Coloniale de 1931

Le Palais de la Porte Dorée est construit dans le cadre de l’Exposition Coloniale de 1931. Sur le même modèle que les expositions universelles, sensées promouvoir les grandes puissances européennes, cet événement tente d’imposer l’image d’une France coloniale au sommet de sa puissance.

Située sur tout le bois de Vincennes, l’exposition permettait au spectateur de « faire le tour du monde en une journée » des possessions françaises en dehors de la métropole. De nombreux pavillons furent construits pour représenter les colonies (une maquette et une fresque de l’exposition sont présentes dans le hall du Palais).

En plus de la visite des pavillons, on organise des spectacles de danse et des exhibitions d’hommes et de femmes pour que l’événement soit plus vivant et attractif… Difficile à imaginer de nos jours !
Une contre-exposition organisée par les surréalistes (Eluard, Breton, Aragon…), « la vérité sur les colonies », dénoncera les méfaits de la colonisation et les éléments peu glorieux de l’Exposition Coloniale.

Pascal Lemaître © Palais de la Porte Dorée

Quel(s) musée(s) pour le Palais de la Porte Dorée ?

À la fermeture de l’Exposition Coloniale de 1931, celui-ci devient le musée de la France d’Outre-Mer. Fidèle à son utilisation initiale, le musée présente des expositions sur la colonisation, esthétiques, souvent pédagogiques, mais aussi avec une certaine dimension propagandiste.
Dès les années 60, et devant la décolonisation massive que la France connaît dans ses colonies, l’institution change de direction. Elle devient le Musée des Arts Africains et Océaniens et souffre alors de moyens pour devenir un établissement de référence.

En 1990, le musée est confirmé au même niveau que les autres musées de France, devenant musée national. Il tend alors à conserver les témoignages du passé colonial du pays et des collections des arts non occidentaux.
À l’ouverture du musée du Quai Branly en 2003, l’établissement ferme ses portes. Il réouvre en 2007, après une campagne de travaux, en tant que Palais de la Porte Dorée, accueillant désormais le Musée National de l’Histoire de l’Immigration.

© La Tête en L’Air

Une architecture imposante et aux multiples origines

Construit en 1931, le Palais de la Porte Dorée est un exemple du style architectural de l’époque, « l’Art Déco ». Il est le seul édifice, lors de sa construction, à avoir vocation à survivre à l’Exposition Coloniale. L’architecte Albert Laprade conçoit un bâtiment faisant une synthèse des architectures existantes.

En plus de l’immense fresque encyclopédique dans le plus pur esprit « Art Déco », la façade rappelle la monumentalité classique de la colonnade du Louvre ainsi que les grands temples antiques. Le patio central ainsi que les galeries renvoient au plan symétrique des palais marocains. L’imposant plafond à gradins qui filtre la lumière évoque l’architecture des pagodes asiatiques. Les fresques du Forum illustrent le rayonnement de la France dans le monde. Les mosaïques au sol utilisent des motifs africains et asiatiques.

Un bâtiment parisien à découvrir absolument, d’autant qu’ils ont un aquarium au sous-sol, existant depuis sa construction !

Palais de la Porte Dorée
293, avenue Daumesnil, Paris 12ème
Métro Porte Dorée
Plus d’infos

Un grand merci au Palais de la Porte Dorée pour cette visite privilégiée organisée lors d’un instameet.

© La Tête en L’Air

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